Tout sur Pétra: La cité rose du désert

Dissimulée dans un massif montagneux du désert de Jordanie, l’envoûtante cité de Pétra est une création commune de la nature et des hommes. D’abord dessinée par les déformations de l’écorce terrestre et par l’érosion, ses falaises de grès rose ont ensuite été sculptés par des artistes très talentueux.

Peuplée par la tribu arabe des Nabatéens, Pétra est une cité caravanière fort prospère qui assure le commerce entre l’arabie et la Méditerranée. Elle atteint son apogée entre la fin du premier siècle avant notre ère et le début du deuxième siècle de notre ère. C’est à cette époque qu’elle creuse dans la roche ses plus beaux monuments.

Au détour du chemin, le Khazné

La ville n’est accessible que par une gorges étroites et sinueuses appeler le Sîq qui s’étend sur plus d’un kilomètre et ne dépasse pas 2 m de large par endroits. Elle s’enfonce entre deux impressionnantes falaises qui atteignent jusqu’à 100 m de hauteur.  Après un dernier coude la masse resserrée du Sîq offre soudain aux visiteurs une vision des plus étonnantes. Dans une mince fente se découpe une partie de la façade du plus beau monument du site le Khazné.
Au débouché de la gorge sur une place étroite cernée par les montagnes le Khazné apparaît dans sa totalité. L’édifice doit son nom, qui signifie trésor, aux Bédouins longtemps persuadé que l’urne du sommet renfermait les richesses d’un pharaon égyptien. Tailleé dans la roche abrupte dans laquelle il s’enfonce légèrement le Khazné s’élève à 39.50 mètres de hauteur et mesure 28 mètres de large il comporte deux niveaux. L’étage inférieur est formé d’un portique à six colonnes. Les quatre colonnes centrales supportent un fronton orné de relief. 
L’étage supérieur se compose d’une rotonde avec 4 colonnes soutenant sa toiture. Cette rotonde est couronné par un chapiteau et par l’urne convoitée par les bédouins du désert et elle est décorée d’un bas-relief représentant la déesse Greco égyptienne Isis, gardienne des morts. Enfin de chaque côté la rotonde est encadrée par deux structures à colonnes sur lesquelles repose un demi fronton. Inspiré de l’architecture et de la sculpture grecque, le Khazné est une très grande réussite. D’autres édifices du site l’ont pris pour modèle mais aucun n’est parvenu à retrouver l’équilibre parfait des volumes et le décor raffiné qui le caractérise.

Des falaises regorgeant de tombeaux

Le Khazné est l’un des quelques cinq cents tombeaux creusés dans les montagnes de Petra. Comme la plupart d’entre eux, ils ne contient aucune inscription identifiant le propriétaire et précisant la date de sa réalisation.
Cependant, les constructeurs de sépultures aussi prestigieuses ne peuvent avoir été que des membres de l’élite: des princes ou de riches marchands. Aux tombes ornées d’une façade inspirée de l’art grec, tel le célèbre Khazné, s’ajoutent les nombreux tombeaux de tradition orientle dont la façade imite une tour crénelée.
Quel que ce soit leur aspect extérieur, les sépultures respectent le même type d’organisation intérieure. En général, elles sont formées d’une seule salle, la chambre funéraire. Dans les parois sont creusées les niches où reposent les défunts. Parfois, des fosses funérairessont excavées dans le sol.
Près des tombes il existe d’autres monuments taillés dans la roche. Ils ont pour vocation d’accueillir les banquets célébrés en l’honneur des morts. À l’intérieur, trois longues banquettes, creusées le long des parois reçoivent les convives. Mais le plus souvent, les repas funéraires se déroulent en plein air, sur des banquettes taillées devant la sépulture.

Une ville pour les vivants

Contrairement à ce que pourrait laisser supposer la présence de multiples tombeaux, Pétra n’est pas une nécropole. C’est une ville à part entière avec des maisons, le plus souvent creusées dans la roche, dont les façades ne sont pas décorées. Elle possède ses boutiques et ses édifices publics – théâtre, bains, fontaines, arc monumental – construits un large cirque. Un système de canalisations perfectionné et des citernes pourvoient à son approvisionnement en eau.
Pétra est le centre d’une intense vie religieuse. Les prêtres y honorent les dieux dans des temples. Le sanctuaire principal est consacré à Dûshara, le dieu dynastique et national, adoré sous la forme d’un bétyle ou pierre sacrée non décorée, constituant l’habitacle du dieu. Les rites consistent à lui présenter des sacrifices d’animaux et à l’asperger de sang. Les Nabatéens – comme on appelle les habitants de Pétra et du royaume dont elle est la capitale – rendent également le culture dans des sanctuaires à ciel ouvert, situés sur de hauts lieux et dont l’existence est très ancienne. Ils sont équipés d’un autel pour le sacrifice des victimes animales et d’un socle qui supporte le bétyle rectangulaire abritant la présence divine. Trois banquettes ménagées dans la roche sont destinées aux personnages qui assistent aux sacrifices et partagent le repas de communion avec le dieu.
En mêlant savamment la culture orientale et les traditions artistiques grecques et en utilisant toutes les possibilités du cadre naturel, les Nabatées ont réalisé des monuments originaux qui font de Pétra un site unique.

Pétra, capitale des Nabatéens

Dès 312 avant notre ère, Pétra est occupée par la tribu arabe des Nabatées, pasteurs et caravaniers. Elle réussit à conserver son indépendance dans un Proche-Orient dominé par les Grecs, de la fin du 4ième siècle de notre ère au premier siècle avant notre ère. Mais elle subit fortement l’influence de leur culture et de leur art.
Au deuxième siècle avant notre ère est fondée la monarchie nabatéenne, qui s’impose bientôt à la tête d’un royaune s’étendant entre le Sinaï et la péninsule arabique. Mais en 64 avant notre ère, les Romains prennent le contrôle de la Syrie-Palestine. Ils imposent leur protectorat à la riche cité commerçante un demi siècle plus tad, puis en 106 de notre ère, annexent purement et simplement le royaume nabatéen. Au même moment le déplacement du commrce de l’orient vers une autre route que celle passant par Pétra amorce le déclin de la cité.
Après le 12ième siècle, la cité sombre dans l’oubli. Pétra la rose n’est retrouvée qu’en 1812 par l’explorateur suisse Johann Ludwig Burckhardt
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